L’Empire du moindre mal

Essai sur la civilisation libérale

Il est d’usage, aujourd’hui, de distinguer un bon libéralisme politique et culturel – qui se situerait «à gauche» – d’un mauvais libéralisme économique, qui se situerait «à droite». En reconstituant la genèse complexe de cette tradition philosophique, Jean-Claude Michéa montre qu’en réalité nous avons essentiellement affaire à deux versions parallèles et complémentaires du même projet historique. Celui de sortir des terribles guerres civiles idéologiques des XVIe-XVIIe siècles, tout en évitant simultanément la solution absolutiste proposée par Hobbes. Ce projet pacificateur a évidemment un prix : il faudra désormais renoncer à toute définition philosophique de la «vie bonne» et se résigner à l’idée que la politique est simplement l’art négatif de définir «la moins mauvaise société possible». C’est cette volonté d’exclure méthodiquement de l’espace public toute référence à l’idée de morale (ou de décence) commune – supposée conduire à un «ordre moral» totalitaire ou au retour des guerres de religion – qui fonde en dernière instance l’unité du projet libéral, par-delà la diversité de ses formes, de gauche comme de droite. Tel est le principe de cet «empire du moindre mal», dans lequel nous sommes tenus de vivre.
  • Champs essais (n° 956) - Philosophie
  • Paru le 03/03/2010
  • Genre : Philosophie
  • 208 pages - 108 x 178 cm
  • Broché
  • EAN : 9782081220430
  • ISBN : 9782081220430

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